L'ANGE BLANC
L'ANGE BLANC
Mrs SIRY & LAGEAT
JACK DE LASSARTESSE
ANTON TEREJO
MATRAQUEUR DES RINGS
LES "HARLEM"
LE BEL O.S.S. 117
CATCH FEMININ
 
IL A RECREE LE MYTHE DU BIEN TRIOMPHANT DU MAL
mon grand ami
FRANCISCO PINO
surnommé
l’ANGE BLANC


par MICHEL BEZY

Francisco PINO (Farina) est un peu le fils spirituel du célèbre commentateur de télévision ROGER COUDERC
Car pour ses débuts à PARIS, le sympathique Roger nous le présente comme un véritable justicier, oui, il est venu pour châtier tous les méchants, il veut corriger tous les teigneux, punir tous les vilains et affreux du matelas, et croyez moi ils sont forts nombreux.

Vêtu de sa probité candide et de satin immaculé, (l’ANGE BLANC) à dès son premier passage à la télévision fait un véritable malheur. Plus de mille coups de téléphone dès la fin de son combat victorieux contre le boucher de la Villette, le moustachu PAUL VILLARD, obstruent le central de la T.V. pour en connaître plus sur ce superbe athlète inconnu.

Farce ou mystère, Ange ou Démon, l’homme est impressionnant, drapé dans une magnifique pèlerine « cape »
d’un blanc virginal, un impeccable masque recouvre son visage, seuls apparaissent deux immenses yeux vifs et des lèvres épaisses, il a le teint extrêmement bronzé, mieux il semble cuivré.

Grâce à lui, les organisateurs de catch trouvent la vie belle, leur industrie devient de plus en plus florissante, la hantise du renouvellement les atteint plus, ils viennent de donner au catch un nouveau visage, pour sa première au Palais des Sports ou l’on s’est battu pour rentrer dans « feu » l’ancien VEL’D’HIV plus de 15.000 spectateurs tous les records de recette pulvérisés, en effet deux fois plus de spectateurs que pour le championnat du monde de boxe entre CHERIF HAMIA et l’américain PERCY BASSET. Des milliers de personnes sont restées derrière les portes grillagées, nombreux sont ceux qui attendirent sur le trottoir par une température de – 5° le résultat, le premier résultat de l’ANGE BLANC, ce moderne enfant du paradis, le céleste qui telle une gigantesque chauve-souris aux ailes de blanc satin est venu pour corriger le titanesque VILLARD.

Huit sauts chassés de l’Ange, mirent fin aux brutalités de VILLARD et de l’infâme DELAPORTE qui est venu à la rescousse, se trouve à son tour en difficultés et proprement étranglé, grâce à la fameuse prise miracle de l’Ange, cette surprenante prise qui endort.

C’est le début d’une fracassante série de victoire qui mène Francisco sur tous les rings Français et Européen pour découvrir et voir l’enfant du paradis, les spectateurs « bourrent » littéralement toutes les salles ou se produit ce remarquable athlète, qui n’était jusqu’alors qu’un obscur et inconnu catcheur espagnol.

Se trouve-t-il d’ailleurs un seul passionné de catch qui est osé manquer un passage de l’ange dans sa ville, il est permis d’en douter car dans toutes les soirées ou Francisco se produit, dès 19 heure les nombreux fanatiques font la queue devant les guichets et l’on constate l’invraisemblable cohue dès l’ouverture des portes.

Son succès est tel qu’il se lance dans la chanson et se produit avec succès avec DALIDA.

Quant il combat, des femmes prient, agenouillées, et baisent ses mains au passage. Son courrier est plus important que certaines vedettes de cinéma. Son succès est tel que Louis MERLIN Directeur d’Europe n°1
l’engage pour suivre le Tour de France, et chaque soir à la ville d’étape il combattra un vilain, ce sera pour moi le Tour de France de la croisade du bien sur le mal. Europe n°1 comptera chaque soir ses exploits PERSAVON s’est assuré l’exclusivité de cet extraordinaire redresseur de torts des temps moderne.

Et c’est ainsi que du 24 Juin au 18 Juillet 1959 il battit successivement : AMOR, GUERET, VON KRAMER (Philippe DEVAUD) CASI, CHERI BIBI (Roger TRIJEAU) Eric HUSBERG et quelques autres méchants du même acabit.

Après chacun de ses combats, l’Ange Blanc disparaît, il se volatilise, pour être franc, je dois vous avouer que le coté coulisse avait en premier lieu calmé mes scrupules. L’Ange n’est Ange que sur le ring. Céleste seulement pendant le combat, j’allais enfin découvrir ce bel inconnu. Je me suis faufilé au vestiaire, la douce voix de baryton de l’Ange s’exprimant en anglais en espagnol puis dans un parfait français, de toute façon à part un très léger accent impossible de découvrir sa véritable origine. Ibérique, nous le saurons plus tard.

Sur ses bagages, des étiquettes de NEW-YORK, CHICAGO, MEXICO, LONDON, et à l’intérieur de son veston une marque française. Question piste, indices….toujours zéro. Je n’avançais pas d’un pouce. A la faveur des sunlights, j’ai durement incéré mon regard des les trous de sa cagoule, cueillant cet autre regard dominateur et brun, un détail de nez en trompette….de jugement….non vraiment rien à faire je piétinai de plus en plus.

Je sais que penser à l’Ange Blanc qui punit les mauvais et les méchants est doux à l’esprit et au cœur.

Immatériel et souple, chorégraphe et allural, BOTTICELLI l’eût peint, MICHEL ANGE l’eût sculpté. Ses mains électriques aux doigts de pianiste ou de chirurgien attestent ses pouvoirs de thaumaturge.

Je me souviens d’un certain soir du 5 Février 1959, l’Ange rencontrait le cruel (mais combien regretté « LLANO PELLACANI ») la salle de l’Alhambra était une nouvelle fois bien trop petite pour contenir la masse humaine venue assister aux prouesses de l’Ange, et surtout voir le mal aimé LLANO, subir la punition qu’il méritait. PELLACANI ont le sentit bien, fût grillé tout d’abord par l’envie de devenir lui aussi bon, oui, très bon mais ses appétits Belzuthériens le ressaisirent et il expédia l’Ange hors du ring, ce fût la chute de l’Ange sur la table des juges, je l’ai touché, je l’ai aidé à se relever, un courant étrange m’a parcouru le bras gauche, l’Ange tend la joue droite après la gauche comme il est recommandé, mais l’autre, l’exterminateur LLANO c’est celui du talion et pire, pour une dent les deux yeux. Ainsi l’ami PELLA fût-il 10 fois plus boxé qu’il ne boxait afin de subir la fameuse prise ou là, avec sa carotide asséchée il s’endormît dans la défaite.

L’heure de vérité, voici l’Ange Blanc authentique, le seul et unique l’Ange par excellence, l’Eliacin du muscle, allurale et candide, sous les nappes de lumière, l’Ange possède une arme céleste qui lui enjoint de pianoter sur l’anatomie de l’adversaire, sur l’anatomie adverse une singulière berceuse. Do mi sol ou La si do sur la nuque ou l’omoplate pour que s’endorme, ce soir là, le monstre était de taille en la personne du remarquable athlète le Bourreau de Béthune.

Entre immaculée de l’Ange et le pourpre vif du bourreau, entre ces deux pôles, l’éclair éclate, et voici que les extrêmes se touchent et s’empoignent, les vœux d’une salle caniculairement surpeuplée pour le bien, en face 112 kg de muscles, une poitrine effarante une telle poitrine que LOLLO en pâtirait, bonne conscience contre mauvaise. L’homme rouge gonfle ses formidable biceps et l’Ange décrit un cercle, sa hauteur, multipliée par 3,1416 le souffle de l’Ange est coupé sous l’horrible étreinte, mais le lys se reprend et ivre d’une ire sacrée, le forgeronne le saute chasse et l’Ange endort l’immonde avec sa prise musicale. Et ainsi de suite, prochainement je vous ferai connaître le véritable Francisco Pino, le redresseur des torts, l’Ibérique de charme Francisco à cette époque est âgé de 34 ans, 1m81 et pèse 91 Kg


historienducatch
05/10/04